Exposition de photographies 2010

La Villa-Marie sous l'oeil d'André Villers

 

 

Lorsqu'un photographe renommé se met en tête de "mitrailler" un bâtiment connu, il y a deux manières d'échouer, s'il n'y en a, comme souvent, qu'une seule de réussir. La première consiste à imposer sa griffe, jusqu'au maniérisme, jusqu'à l'auto-pastiche parfois; le photographe, appelons-le Z par charité, " fait du Z " et s'en satisfait. Il oublie de regarder, irrémissible péché pour cette catégorie d'artistes. Mais l'excès inverse n'est pas sans risques ni défauts ; intimidé par l'édifice, le photographe - que nous pourrions appeler A, tant il est le contraire de Z - peut se soumettre à la monumentalisation; cela donne alors la photo officielle, de sinistre mémoire, et dont le résultat témoigne, dans le meilleur des cas, d'inhibition.

 

Dans cette brève série consacrée à la Villa-Marie, bien connue - et tant aimée - de nos lecteurs, André Villers, photographe connu et reconnu, ami et compagnon de Robert Doisneau, évite avec brio et modestie ce double écueil. On y reconnaît sa signature, sans jamais cesser d'identifier la Villa-Marie au prisme de ses tirages lumineux et ombrés.  

 

Y alternent les photographies classiques, dans lesquelles ce monument majestueux est rappelé à sa dimension humaine, et les tirages retravaillés, découpés,  aménagés, dans lesquels l'oeil narquois du photographe interroge l'immobilité de la pierre. Alors, chacun de nous peut y retrouver ce qu'il est en droit d'attendre d'une série photographique; l'occasion et l'opportunité de poser un regard neuf sur les choses anciennes, sur les paysages ou édifices auxquels nous ne nous sommes que trop paresseusement habitués, de se, comme on dit en mésusant cette expression, rincer l'oeil.


Exposition "André Villers"
Médiathèque Villa-Marie
2 - 31 août 2010  Â